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Et à d’autres modes d’attaque…

Les lois de la cristallographie s’appliquent quel que soit le mode de diffraction. J’ai utilisé énormément la diffraction X, la diffraction des neutrons pour atteindre la structure cristallographique - voire magnétique - de mes solides. Malgré toute sa richesse et sans en méconnaître les mérites, j’ai rarement eu recours à la diffraction électronique parce qu’elle est l’affaire de spécialistes – et, en ce qui me concerne, Maryvonne Hervieu, à Caen, et Gustav van Tanderloo à Anvers. Il y faut non seulement une connaissance profonde de la cristallographie, une maîtrise expérimentale non évidente des techniques du microscope, mais aussi un œil exercé pour décrypter les images de haute résolution, ce qui implique une virtuosité cristallochimique certaine pour les interpréter correctement. C’est un vrai métier de spécialistes. On ne s’y improvise pas, mais quand on en a la maîtrise, quelle puissance ! Combien de structures de supraconducteurs ont été décryptées grâce à elle, grâce à sa faculté d’identifier les défauts structuraux en liaison avec les propriétés ! Mon amie Maryvonne Hervieu y excelle. J’ai quelques fois eu recours à son talent pour me sortir de l’impasse, quand j’échouais en diffraction de poudres… Maintenant, les développements de la diffraction haute résolution permettent non seulement de décrypter cristallochimiquement les modèles structuraux, mais d’accéder à la connaissance structurale des phases incommensurables grâce à la cristallographie à n dimensions. En plus, ils commencent à autoriser désormais un vrai affinement structural. Une nouvelle voie d’accès à la connaissance des structures est ouverte, mais elle sera encore longtemps réservée à des spécialistes alors que la diffraction de poudres devient de plus en plus accessible au grand nombre. Il faut néanmoins se garder de penser qu’elle devient une technique « presse-bouton ». Je vois encore trop souvent apparaître des articles résultant d’une application « bestiale » des programmes de résolution disponibles, et dont je doute de la pertinence à cause d’une méconnaissance des principes de la cristallographie qu’ont certains auteurs… Ah ! Les boites noires !...